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Buse variable

Description de l’espèce
C’est le plus variable de tous les rapaces du Paléarctique. Il est donc recommandé de se baser les motifs du corps et des couvertures alaires plutôt que sur la coloration globale du plumage pour identifier l’espèce [4]. Tous les individus ont en commun une tâche sombre au poignet et une plage blanche à la base de la main. Le dos est en général brunâtre, le poitrail et le ventre panaché de brun et de blanc, dont les proportions sont sujettes à de grands variations (allant du type entièrement blanc entrecoupé de taches brunes, au type brun-noirâtre). Chez l’oiseau type, la face inférieure du corps présente une poitrine foncée, un collier clair et un ventre qui peut être barré ou brun foncé presque uni. Dans l’ensemble, la queue est identique chez tous les individus : grisâtre avec de nombreuses barres fines et une large bande terminale bien nette.
Au-delà de l’apparence, la silhouette de l’oiseau, son comportement et son habitat constituent de meilleurs critères de détermination. Ses larges ailes, sa queue relativement courte et sa tête qui ne dépasse que légèrement du bord d’attaque des ailes donnent à ce rapace de taille moyenne une silhouette très compacte.
Il n’existe aucun caractère de coloration qui permette de déterminer le sexe d’un individu. Seules des mesures de longueur de l’aile ou de poids des animaux montrent que les femelles sont plus lourdes et que leur envergure est plus importante. En revanche, il est possible d’évaluer l’âge de la buse. La queue demeure le meilleur critère de différenciation. La barre terminale de celle-ci est étroite chez les jeunes, tandis qu’elle est plus large et bien nette chez les adultes. D’une façon générale, les jeunes sont plus clairs que les adultes et, souvent, le dessous de leur corps est rayé longitudinalement et non dans le sens transversal. Ce détail est plus facile à observer chez les sujets clairs. Toutes les buses variables ont la cire et les pattes jaunes. La couleur des yeux dépend de l’âge : les juvéniles ont les iris plus clairs que les adultes (gris à brun clair) ce qui fait mieux ressortir la pupille ; l’iris des adultes est brun foncé.
La buse émet fréquemment une série de miaulements en période nuptiale et de temps en temps lors de vols planés. Les émissions vocales deviennent plus rares en hiver et sont arrêtées durant la migration [3].

Longueur totale : 46-53 cm
Envergure : 113-137 cm
Poids : 700 à 1200 g pour la femelle ; 550 à 850 g pour le mâle

 

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photo : Fabrice Cahez ©

Répartition géographique
L’aire de répartition de la Buse variable s’étend sur presque toute l’Europe. Il existe plusieurs sous-espèces (B. b. buteo, B. b. arrigonii, B. b. rothschildi, B. b. insularum, B. b. harterti, B. b. bannermanni, B. b. vulpinus, B. b. menestriesi).  La sous-espèce nominale, B. b. buteo, occupe la majeure partie du Paléarctique occidental. En France, trois sous-espèces sont signalées : B. b. buteo, niche en France continentale, B. b. arrigonii en Corse et B. b. vulpinus est observée occasionnellement en migration.
Toutes les sous-espèces de buses ne sont pas migratrices : les sous-espèces insulaires sont sédentaires, B. b. buteo et B. b. menestriesi sont migratrices partielles tandis que B. b. vulpinus (la buse de Russie) est une grande migratrice qui passe l’hiver en Afrique tropicale et en Arabie.

Biologie

Ecologie
La buse occupe des milieux légèrement différents selon l’époque de l’année. Durant la période de nidification, elle fréquente bosquets et petits massifs boisés, où elle installe son nid. Elle a besoin également de champs et de prairies pour se nourrir. Les grands massifs forestiers compacts et dépourvus de clairières sont relativement peu occupés par cet oiseau. En hiver, les buses autochtones, rejointes par les individus migrateurs, se rencontrent souvent dans les grandes plaines, les plateaux bien dégagés ainsi qu’au niveau des cultures parsemées de haies.
La limite altitudinale où la buse est présente se situe entre 1200 mètres et 1600 mètres, à la limite supérieure de la forêt.

Comportement
Les oiseaux les plus nordiques hivernent dans le sud-ouest de l’Europe, surtout au nord des Pyrénées. Les populations du nord et du centre de la Suède migrent vers la France, notamment dans le Bassin parisien. Le Danemark voit ses effectifs augmenter durant la mauvaise saison par l’arrivée d’individus provenant de la Suède méridionale. Les buses danoises, dont 43 % sont migratrices, et celles du Schleswig-Holstein hivernent au nord-ouest de l’Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et dans le nord de la France. Les oiseaux britanniques sont majoritairement sédentaires. La Buse de Russie (B. b. vulpinus) est une migratrice au long cours qui hiverne principalement en Afrique de l’est et du sud, mais également en Afrique du Nord, en Turquie et en Iran.
En hiver, la France reçoit des hivernants provenant d’Europe du Nord (reprises de bagues Suédoises, Finlandaises, Danoises, Allemandes, Suisses et Belges). La population hivernante compterait au moins 200 000 oiseaux, dont 25 à 30% d’origine étrangère.

Reproduction et dynamique des populations
Le début de l’activité sexuelle se manifeste après l’hivernage, à la fin février-début mars. La buse indique que le territoire est occupé par des vols circulaires accompagnés de cris. Les vols nuptiaux sont fréquents au début de la saison de nidification : après être montés à grande hauteur, les oiseaux effectuent un piqué de 30-40 mètres, puis font une ressource et recommencent le même manège. Parfois, celui qui se trouve le plus haut mène une attaque fictive contre l’autre qui se tourne et pare le coup avec ses pattes. Il arrive que les deux oiseaux s’accrochent un bref instant par les serres. Lorsque le couple est formé, ces vols se transforment en longs vols planés circulaires permis par les courants ascendants.
En général, la buse construit une nouvelle aire chaque année, mais elle peut réparer celle de l’année précédente. Les deux sexes participent à cette tâche. Le nid est construit en futaie, dans les bosquets, parfois dans une haie touffue, mais rarement dans un arbre isolé. Situé entre 6 et 27 mètres de haut, il est constitué d’un amas de branchettes, au centre duquel sont amassés des écorces, des mousses, et garni sur son pourtour de feuillage renouvelé constamment.
Les 2 à 4 œufs, pondus dès le mois d’avril, sont déposés à 2-3 jours d’intervalle et sont couvés durant 33-38 jours, la femelle s’acquittant presque exclusivement de cette tâche. Une fois éclos, elle continue à couver les poussins pendant une semaine tout en les nourrissant avec les proies que lui apporte le mâle. A 15 jours, les gaines des plumes des jeunes apparaissent, à 3 semaines ces derniers sont debout sur l’aire et dépècent eux-mêmes les proies apportées. A 46 jours en moyenne, les jeunes buses s’envolent. Elles seront encore prises en charge pendant 2 mois par leurs parents, puis s’écarteront du lieu de nidification.
La productivité annuelle dépend fortement de la quantité de nourriture disponible, en particulier en ce qui concerne les rongeurs. Le nombre moyen de jeunes à l’envol par nichée réussie est de 1,8 en Lorraine et 1,49 en Creuse. Lors d’une pullulation de campagnols, des nichées de 3 jeunes ne sont pas rares. Les observations d’une population dans le Limousin font état d’un taux de survie adulte de 59 % en 1èreannée, de 77 % de 2 à 4 ans et de 85 % ensuite.
La longévité maximale de la Buse variable est de 20 ans [6].

Régime alimentaire
Le régime alimentaire de la buse est très varié. Son manque de rapidité et son incapacité à virevolter rapidement l’obligent à chasser essentiellement à l’affût, généralement du haut d’un piquet de clôture ou d’une branche. Elle attend alors de longs moments tout en scrutant attentivement le sol. Lorsqu’elle est alertée par le mouvement d’une proie, elle fond sur elle, la tue d’un coup de serre, la dépèce et l’avale sur place ou la transporte jusqu’à son aire. La buse chasse principalement en terrain dégagé ; c’est pourquoi les campagnols, et de manière générale les rongeurs, occupent une position dominante dans son alimentation. Si ces animaux sont en nombre insuffisant, la buse s’intéresse alors à d’autres micromammifères, mais également aux oiseaux, reptiles, amphibiens, gros insectes et vers de terre, ces derniers étant consommés en grande quantité. Elle profite également des cadavres, particulièrement entre octobre et février, période où ils peuvent former une bonne partie de son alimentation.
La Buse variable a donc un régime alimentaire très éclectique suivant la région où elle vit mais demeure toutefois un grand consommateur de petits rongeurs et de vers de terre [3].

Etat des populations
La population mondiale, dont l’estimation est en partie basée sur les comptages migratoires, serait de l’ordre de 4 millions d’individus [2]. En Europe occidentale, on compte environ 289 000 à 395 000 couples (Russie et Turquie exceptées), avec environ la moitié des effectifs répartis en Allemagne, France et Pologne [1]. Avec ces effectifs élevés, l’espèce n’est pas menacée, que ce soit au niveau mondial, européen ou national (catégorie LC – préoccupation mineure – de la liste rouge) [5 ; 8]. Avec 125 000 à 163 000 couples territoriaux, la Buse variable est de loin le rapace le plus abondant en France [7]. Les plus fortes densités se rencontrent sur la façade est de la France, notamment en Franche-Comté et dans le nord des Alpes, mais aussi dans les bocages du Limousin. A l’opposé, la buse est présente en très faible densité dans les régions de grandes cultures du Bassin parisien (Champagne, Beauce), en Ile-de-France et dans le Nord, ainsi que sur le pourtour méditerranéen et dans le sud des Alpes.
L’espèce semble avoir regagné progressivement le terrain perdu lors des destructions antérieures à 1972, date de sa protection légale. La population est stable dans les régions où elle existe en abondance (est de la France, Auvergne), et en augmentation lorsqu’elle est encore loin de la capacité maximale du milieu (Loire-Atlantique, Aquitaine, Gard, Normandie…).

Menaces
La protection légale des rapaces a très certainement contribué à la remontée des effectifs de Buses variables. Néanmoins, l’intensification des pratiques agricoles et la modification de l’utilisation des terres dans certaines régions pourraient, à terme, nuire à cette espèce. Les zones bocagères notamment, milieu de prédilection pour la buse, qui y montre ses plus fortes densités, sont en constant déclin. Cet appauvrissement a très probablement entraîné des baisses locales d’effectifs, malgré son potentiel d’adaptation [7].
La capture et la destruction volontaire de cette espèce demeure également une importante cause de mortalité, comme l’attestent les reprises d’oiseaux bagués en Grande-Bretagne.

Propositions de gestion
La Buse variable ne fait pas l’objet de mesures de protection fortes, en raison de ses forts effectifs et de sa grande capacité d’adaptation. Néanmoins, toutes les mesures concernant la préservation de son habitat (zones bocagères, prairies) lui seront favorables et profiteront par la même occasion aux autres espèces qui fréquentent ces milieux.

Etudes et recherches à développer
Les données acquises par l’Observatoire rapaces chaque année permettent d’accroître les connaissances sur la Buse variable. Ce suivi régulier est  essentiel pour mesurer précisément les tendances d’évolution des effectifs et la répartition de cette espèce commune en vue d’orienter des logiques de conservation et de surveillance.

Bibliographie
[1] Birdlife International/European Bird census Council, 2000. European Bird Population : Estimates and trends. Cambridge, U.K.

[  ] Dubois P.-J., Le Maréchal P., Olioso G., Yésou, P., 2001. Inventaire des Oiseaux de France. Nathan, Paris.

[2] Ferguson-Lees J. et Christie D. A., 2001. Raptors of the World. Ch. Helm, London.

[3] Fonds d’Intervention pour les Rapaces, 1987. La Buse variable. Editions F.I.R / F.R.I.R, 32 p.

[4] Gensbol B., 2005. Guide des rapaces diurnes d’Europe, Afrique du Nord et Moyen Orient. Delachaux et Niestlé, Paris, 403 p.

[5] IUCN, 2008. The IUCN Red List of Threatened Species. http://www.iucnredlist.org

[6] Nore T., 1999. Vingt ans de marquage des nichées de buse variable (Buteo buteo) dans le centre de la France. Alauda, 57 : 307-318.

[7] Thiollay J.M. et Bretagnolle V., 2004. Rapaces nicheurs de France, Distribution, effectifs et conservation. Delachaux et Niestlé, Paris, 176 p.

[8] UICN France, MNHN, ONCFS & SEOF. 2008. La Liste rouge des espèces menacées en France, selon les catégories et critères de l'UICN. Chapitre Oiseaux nicheurs de France métropolitaine. Dossier de presse. Paris.

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