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Autour des palombes

Description de l’espèce
L’Autour des palombes ressemble fortement à l’Epervier, bien qu’il soit plus grand.  Son corps est long et sa poitrine large lui donne un aspect plus puissant [5]. Sa tête est pointue et allongée, son bec est épais. Ses ailes sont courtes et arrondies, mais tout de même plus longues que celles de l’Epervier. Sa queue, légèrement plus courte que celle de l’Epervier, présente des coins plus arrondis. Cette caractéristique permet de différencier le mâle de l’Epervier d’Europe, qui possède une queue dont les coins sont plus anguleux.
Chez les adultes, la face inférieure du corps et les couvertures sous-alaires sont barrées, ainsi que les rémiges et les rectrices. A distance, l’oiseau paraît uniformément gris, les barres transversales du corps n’étant visibles que de près. Le mâle et la femelle ont un sourcil blanc marqué, contrastant avec les plumes foncées du dessus de la tête. Les sous-caudales sont d’un blanc pur.
Les juvéniles et les immatures sont striés dessous et n’ont pas les sous-caudales aussi blanches, ni les couvertures des ouïes aussi sombres que celles des adultes. Il a le corps et les couvertures alaires brun sombre, la plupart des plumes bordées d’un large liseré chamois ou chamois roussâtre.  Le sommet de la tête n’est pas aussi sombre que celui des adultes, le sourcil est diffus ou absent, de même que le masque. Les oiseaux acquièrent le plumage adulte à deux ans.
En vol, l’oiseau paraît nettement plus lourd que l’Epervier. Ses battements d’ailes sont plus lents et plus puissants. Le plus souvent, le vol plané est alterné avec des séries de rapides coups d’ailes. En vol plané circulaire, sa queue est largement déployée en éventail, au contraire de l’Epervier qui ne l’étale que partiellement.
Il existe un fort dimorphisme sexuel chez cette espèce, puisque  le mâle est beaucoup plus petit que la femelle (mâle = 72 % de la femelle). Celle-ci atteint en effet la taille d’une buse, tandis que le mâle rappelle une grande femelle d’Epervier.

Longueur totale : 46 - 67 cm
Envergure : 96 - 127 cm
Poids : 800 à 1350 g pour la femelle ; 500 à 1100 g pour le mâle

 

http://files.biolovision.net/observatoire-rapaces.lpo.fr/userfiles/photosespces/autourBrunoBerthmy.gif

photo : Bruno Berthemy ©

 

Répartition géographique
L’Autour des palombes niche dans presque toute la région paléarctique. Les limites nord et sud de son aire de répartition correspondent à peu près à celles des espaces boisés. Il existe neuf sous-espèces. Parmi elles, trois occupent l’Europe, dont deux en France (la sous-espèce nominale Accipiter gentilis gentilis sur  le continent, et A. g. arrigonii en Corse et en Sardaigne). Les autres sous-espèces se répartissent en Asie septentrionale, jusqu’au nord-est de la Sibérie.
L’Autour des palombes est sédentaire, excepté dans les contrées nordiques où il effectue de courtes migrations vers le sud. Sinon, il est plutôt vagabond que grand voyageur.

Biologie

Ecologie
L’Autour des palombes est le rapace forestier par excellence. La superficie et la qualité du boisement sont deux éléments déterminants dans le choix de son habitat. En effet, il niche majoritairement dans les bois de plusieurs centaines d’hectares qui présentent une structure variée. Il peut aussi habiter les bocages d’une densité importante et se contente exceptionnellement, et lorsque les proies abondent, de bosquets d’à peine un hectare. En France, l’Autour des palombes se rencontre à partir du niveau de la mer jusqu’à la frontière supérieure de la forêt. Il est mentionné jusqu’à 1600 mètres dans les Pyrénées, et même 1950 mètres à l’extrême est de la chaine.
Son domaine vital recouvre une superficie de 30 à 50 km². En Allemagne, des observations récentes issues de suivis télémétriques ont montré qu’il couvrait de 5 à 64 km². La composition des forêts habitées par l’Autour est variable : forêts de feuillus, forêts mixtes, forêts de conifères.
Le nid est presque toujours installé dans un arbre imposant, à cime dense, situé à l’intérieur des massifs. Les conifères sont choisis prioritairement car leur feuillage persistant offre un meilleur abri que les arbres à feuilles caduques.  Les sites doivent également fournir d’abondantes ressources alimentaires. C’est pourquoi les effectifs d’Autours des palombes sont moins importants dans les forêts de conifères que dans les forêts de feuillus, ces dernières étant plus riches en proies.

Comportement
En général, l’Autour des palombes capture ses proies par surprise, en volant à très faible hauteur. Pour chasser les mammifères, il peut voler en rase-mottes et faire presque du surplace. Il est également capable d’accélérations très fortes, mais ne maintient sa vitesse de pointe pour capturer sa proie que sur de courtes distances (500 mètres environ).

Reproduction et dynamique des populations
L’Autour est connu pour sa très grande discrétion. En période de reproduction, c’est surtout à l’aube et près de son nid qu’on l’entend crier.
L’oiseau est uni pour la vie avec son/sa partenaire. Il commence à se reproduire vers deux ou trois ans, mais des sujets âgés de un an participent également à la reproduction.
Lors des hivers doux, les vols nuptiaux peuvent être observés dès la fin de janvier ou le début de février. Il en existe plusieurs formes : circuits effectués au-dessus du site de nidification, avec de lents battements d’ailes, la queue étalée, les sous-caudales blanches ébouriffées ; vol « en guirlande » ; vol avec les ailes fortement relevées, ressemblant à celui des pigeons ; piqués comme la Buse variable.
Dès le mois de janvier, le mâle ébauche plusieurs nids. Ceux-ci sont bâtis à la base de la cime d’un arbre, entre 8 et 20 mètres de haut. La femelle rejoint son partenaire en mars, voire plus tôt s’ils sont ensemble depuis plusieurs années, et choisit le nid. Entre les couples, les nids sont espacés de 1,5 à 4,5 km en général, l’autour étant un animal solitaire et territorial. D’une année sur l’autre, les nids sont souvent réutilisés et rechargés.
La ponte, généralement de 2 à 5 œufs (3 en moyenne), a lieu entre la fin mars et la fin avril, parfois au début du mois de mai. Les œufs sont couvés environ 35-42 jours par la femelle. Le mâle doit subvenir aux besoins alimentaires de la femelle durant l’incubation et des jeunes après leur éclosion. Les parents se relaient ensuite pour nourrir les jeunes. Ceux-ci prennent leur envol à 35-40 jours et sont aptes à chasser un mois plus tard. Le taux de mortalité la première année est très élevé. En Rhône-Alpes, le succès reproducteur est de 2,2 jeunes à l’envol par reproduction réussie. Il est de 1,95 en Corse et 1,7 en Haute-Loire.
La longévité maximale de l’Autour des palombes est d’environ 19 ans.

Régime alimentaire
La palette de proies de l’Autour des palombes est large, mais surtout constituée d’oiseaux de taille moyenne. En effet, une étude alsacienne montre qu’ils représentent environ 90 % de son régime alimentaire (columbidés, corvidés, turdidés, étourneaux…). La puissance de l’Autour en fait un superprédateur, et tous les rapaces diurnes ou nocturnes, jusqu’à la taille de la Buse variable, peuvent également figurer parmi ses proies. Le reste de son alimentation est composé à 8,4 % de petits mammifères (écureuils, taupes, lagomorphes, muridés) et 1,6 % des insectes ou des reptiles [6].

Etat des populations
L’espèce n’est pas considérée comme menacée, que ce soit au niveau français [8] (4600-6500 couples) [10], européen (60 000-80 000 couples, Russie et Turquie exceptées) [3 ; 11] ou mondial (plus de 300 000 couples) [2 ; 4].
En France, l’oiseau est largement distribué, bien que sa répartition ne soit pas homogène. En effet, il fréquente volontiers les régions boisées, mais délaisse celles où les forêts sont moins développées. Il est absent ou rare des régions situées au nord-ouest d’une ligne reliant le Nord-Pas-de-Calais aux Pays-de-la-Loire. Celles-ci possèdent en effet le plus faible taux de boisement en France (< 20 %). La même situation s’observe dans la région méditerranéenne, pauvre en grandes futaies. Dans le sud de la France, l’Autour est surtout présent en altitude (Lubéron, Cévennes, monts de Lacaune, Montagne noire…), zones plus riches en forêts.
Les effectifs de cette espèce n’ont pas toujours été aussi bons. Les persécutions et l’utilisation massive de pesticides organochlorés et de métaux lourds dans la seconde moitié du 20esiècle ont entraîné son déclin. En 1970, lorsque le nombre d’individus était au plus bas, 400 couples seulement subsistaient en France [12]. Néanmoins, ce nombre était sans-doute sous-estimé. Au début des années 80, l’effectif est remonté à 3000-4500 couples [9]. La protection totale de l’Autour des palombes en France en 1972 et l’interdiction de l’emploi des pesticides organochlorés lui ont permis de reconstituer ses effectifs, phénomène favorisé par l’accroissement de la surface forestière. Cependant, l’espèce tend de nouveau à diminuer dans plusieurs régions françaises, bien que l’on manque de chiffres précis.
Il est à noter qu’un plan de restauration a été mis en œuvre pour la sous-espèce corse (2004-2008), qui présente un statut « vulnérable » (moins de 100 couples), afin d’assurer sa pérennité.

Menaces
L’Autour est un oiseau discret, très sensible aux dérangements, notamment en période de reproduction. C’est pourquoi il préfère les grands massifs forestiers calmes.
Les travaux forestiers et certaines activités de loisirs telles que le quad, la moto tout terrain, ou encore la randonnée, sont génératrices de nuisances qui perturbent la tranquillité de cette espèce farouche et peuvent faire échouer sa nidification.
De plus, l’urbanisation dans les zones rurales, associée à l’exploitation intensive des forêts, empiètent sur l’espace vital de l’autour et font reculer la surface des forêts propices à sa nidification.
L’Autour a longtemps souffert de persécutions, de l’utilisation de pesticides et du désairage pour la fauconnerie. Les chasseurs et les colombophiles le détruisaient en raison de la prédation qu’il exerce sur le petit gibier et les pigeons. A titre d’exemple, de 1894 à 1915 en Alsace, au moins 2366 individus et 109 œufs furent détruits [1]. L’oiseau a résisté dans les régions où la population humaine était faible, par exemple dans les grandes forêts du Nord. En revanche, dans les régions fortement peuplées, il s’est considérablement raréfié.
Aujourd’hui encore l’espèce subit ces menaces. En Dordogne, par exemple, et dans les autres départements où la chasse à la palombe est exercée, l’oiseau est victime des chasseurs qui le tirent depuis les palombières.

Propositions de gestion
L’avenir de l’Autour des palombes dépend en premier lieu d’une bonne gestion des massifs forestiers. Comme l’espèce niche sur de grands arbres, il conviendrait de préserver des îlots de peuplements matures, d’une surface de 6 à 15 hectares chacun (J.-C. Thibault) et espacés d’une distance équivalente à l’écartement moyen noté entre les aires, soit 1,5 à 4,5 km [7]. Les travaux forestiers aux alentours du nid devraient également être évités dès le mois de janvier.Ces deux grandes mesures pourraient être intégrées aux plans d’aménagement forestiers.
Par ailleurs, il est nécessaire de maintenir le dialogue et une information constante auprès des associations et fédérations de chasse sur l’importance de préserver les oiseaux de proies, ceux-ci faisant malheureusement toujours l’objet de tirs.
Enfin, les demandes d’autorisation concernant le désairage pour la pratique de la fauconnerie doivent continuer à être régulièrement contrôlées.

Etudes et recherches à développer
L’Autour des palombes est finalement une espèce plutôt mal connue et peu étudiée en France. Les données acquises par l’Observatoire rapaces chaque année permettrons d’accroître les connaissances sur ce rapace. Ce suivi régulier est  essentiel pour mesurer précisément les tendances d’évolution des effectifs et la répartition de l’autour, en vue d’orienter des logiques de conservation et de surveillance.

Bibliographie
[1] ANONYME, 1989. Livre rouge des oiseaux nicheurs d’Alsace. Ciconia, 13 (numéro spécial). Centre d’études ornithologiques d’Alsace, Strasbourg.

[2] BIRLIFE INTERNATIONAL, 2000. Threatened Birds of the World. Lynx Edicions / Birdlife International, Barcelone / Cambridge.

[3] BIRDLIFE INTERNATIONAL / EUROPEAN BIRD CENSUS COUNCIL, 2000. European Bird Population : Estimates and Trends. Cambridge, U.K.

[4] FERGUSON-LEES J. AND CHRISTIE D.A., 2001. Raptors of the World. Ch. Helm, London.

[5] GENSBOL B., 2005. Guide des rapaces diurnes d’Europe, Afrique du Nord et Moyen Orient. Delachaux et Niestlé, Paris, 403 p.

[6] KAYSER Y., 1993. Le régime alimentaire de l’Autour des palombes Accipiter gentilis (L.) en Alsace. Ciconia, 17 : 143-166.

[7] PENTERIANI V., AND FAIVRE B., 2001. Effects of harvesting timber stands on goshawk nesting in two European areas. Biological Conservation, 101 : 211-216.

[8] ROCAMORA G. AND YEATMAN-BERTHELOT D., 1999. Oiseaux menacés et à surveiller en France. Liste rouge et priorités.Société d’études ornithologiques de France et LPO, Paris.

[9] THIOLLAY J.M. AND TERRASSE J.F., 1984. Estimation des effectifs de rapaces nicheurs diurnes et non rupestres en Frances 1979-1982. Fonds d’intervention pour les rapaces et Union nationale des associations ornithologiques, Paris.

[10] THIOLLAY J.M. ET BRETAGNOLLE V., 2004. Rapaces nicheurs de France, Distribution, effectifs et conservation. Delachaux et Niestlé, Paris, 176 p.

[11] TUCKER G.M. AND HEATH M.F., 1994. Birds in Europe : their Conservation Status. Birdlife Conservation Series n°3. Birdlife International, Cambridge.

[12] YEATMAN L., 1976. Atlas des oiseaux nicheurs de France, 1970-1975. Société d’études ornithologiques de France, Paris.

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