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Résultats 2011 : Bilan de 2005 à 2010 : Tendance sur 7 espèces de rapaces !

Introduction

A la suite de l’enquête nationale Rapaces nicheurs de France (2000-2002), un suivi annuel des populations de rapaces a été mis en place dès 2005 par le Centre d’étude biologique de Chizé (CEBC-CNRS) et la LPO Mission rapaces. Le but est d’estimer les tendances de population (augmentation, diminution, stabilité) de plusieurs espèces de rapaces se reproduisant sur notre territoire, notamment les plus communes, à la fois les plus difficiles à suivre et ne faisant pas l’objet de suivis spécifiques et détaillés. Pour cela, plusieurs centaines de bénévoles recueillent, chaque année, des données relatives à l’abondance des rapaces par des comptages du nombre de couples présents sur les carrés de 25 km². Une centaine de carrés sont ainsi « programmés » chaque année et au total 407 carrés ont pu être échantillonnés entre 2005 et 2010 (voir Figure 1).

Les premières années de suivi concernaient un faible nombre de carrés car le suivi n’était alors réalisé que par une poignée de bénévoles. Mais très vite, près d’une centaine de carrés ont pu être inventoriés chaque année, ce qui devrait permettre d’estimer les variations des populations de rapaces en France. En 2010, nous constatons cependant une baisse du nombre de carrés suivis (84 contre 96 l’année précédente), baisse qui sera sans doute confirmée en 2011 (une soixantaine seulement est disponible pour le moment). Un nombre trop faible de carrés diminue la capacité des analyses statistiques à détecter les tendances de population. Aussi, afin de garantir la qualité de ce suivi et de pouvoir valoriser au mieux les milliers d’heures déjà passées sur le terrain, il faut continuer à fournir des efforts.

Les méthodes d’analyses de données utilisées au CEBC sont sans cesse en évolution (et en amélioration) et permettent de dégager des résultats de plus en plus pertinents en intégrant, par exemple, de l’information externe comme le climat ou l’habitat (données satellites). Cela permet ainsi de réaliser des cartes d’abondance plus précises qu’avant en tenant compte des discontinuités majeures du paysage (villes, forêts, zones humides, montagnes…). Malgré la courte durée (six années de suivi), les analyses réalisées permettent déjà de déceler des tendances de populations pour plusieurs espèces.

Premiers résultats

Voici les résultats des premières analyses faites sur les tendances de population de six espèces communes sur le territoire français métropolitain : la buse variable, la bondrée apivore, le milan noir, le faucon crécerelle, le faucon hobereau et l’épervier d’Europe. Le milan royal est ajouté à titre indicatif, cette espèce faisant l’objet d’une attention particulière, mais les données obtenues à travers l’Observatoire rapaces concernent très peu de carrés malheureusement.

Pour chaque espèce, deux figures sont disponibles :
- la carte représente l’abondance de l’espèce en France en 2000-2002 en tenant compte du climat et l’habitat disponible (occupation du sol). L’unité (cartouche colorée) est le nombre de couples / 25 km². Il s’agit de prédictions d’abondance de l’espèce, avec inévitablement parfois des erreurs de prédictions (en positif comme en négatif). Ces cartes doivent donc être considérées avec une certaine prudence. En les comparant avec celles publiées dans l’ouvrage Rapaces de France (2004), vous noterez cependant qu’elles sont spatialement plus détaillées ;

- le graphique montre l’écart entre les données observées de 2005 à 2010 et celle de l’Enquête rapaces de 2000-2002. Cet écart correspond donc à un nombre de couples / 25 km² plus important (écart positif) ou moins important (écart négatif) relativement à ce qui a été observé en 2000-2002. Pour chaque année, les barres noires correspondent à la moyenne  (trait central) et à son intervalle de confiance à 95 % (les deux extrémités). Une droite de régression (ligne rouge en trait plein) est aussi ajustée aux données pour déterminer si la population augmente, est stable ou diminue. Les deux autres lignes rouges (en pointillé) délimitent son intervalle de confiance à 95 %.

Un tableau de synthèse récapitule ensuite les résultats en donnant :
- la valeur du coefficient moyen qui indique si la différence aux données de 2000-2002 est globalement positive, négative ou nulle. En d’autres termes, si la population moyenne dénombrée en 2005-2010 est identique ou non à celle de 2000-2002 ;
 - la valeur du coefficient de pente des droites de régression (lignes rouges en trait plein) qui indique si la population a augmenté, diminué ou est restée stable entre 2005 et 2010 ;
- les p-valeurs sont des probabilités qui permettent de quantifier le niveau de confiance des coefficients. La valeur d’un coefficient est significative si la p-valeur est inférieure à 0.05 (signalée par *).

Cas de la Buse variable

La buse variable semble en déclin(ce que semble égalementindiquer le suivi Suivi temporeldes oiseaux communs, STOC), après avoir augmenté. Aucun autre suivi précis (et annuel)n’existe ailleurs en Europe,mais à l’échelle du continententier, la buse est également enléger déclin depuis les années2000 (European Bird CensusCouncil, EBCC). L’espèce estdonc d’autant plus à surveilleren France que nous accueillonsdes effectifs records à l’échellede l’Europe (voir Figures 2 et 3).

 

Cas de la Bondrée apivore

La bondrée apivore montre une très légère tendance positive d’après le réseau de l’Observatoire rapaces. Néanmoins les effectifs restent évidemment assez faibles. Aucune donnée à l’échelle européenne n’est disponible, et les effectifs sur Organbidexka, très variables, ne montrent pas de tendances (voir Figures 4 et 5).

 

Cas du Milan noir

Le milan noir semble augmenter doucement sur la période étudiée. Les effectifs 2005-2010 sont sensiblement supérieurs, en moyenne, à ceux de 2000- 2002 (près d’un demi-couple de plus). L’espèce est annoncée en augmentation d’après le suivi STOC. Elle est aussi en augmentation substantielle à Organbidexka (mais d’autres milans que les milans originaires de France sont évidemment comptés sur ce site). En tout cas, les données de l’Observatoire ne détectent pas, de manière significative, cette augmentation récente ou actuelle en terme de tendances, mais elle est détectée sur les effectifs (comparaison 2005-2010 contre 2000-2002) (voir Figures 6 et 7).

 

Cas du Faucon crécerelle

Le faucon crécerelle semble en déclin en France, ce qu’attestent également les données du STOC ainsi que les suivis européens. Les effectifs de 2005 à 2010 seraient globalement inférieurs à ceux de 2000-2002. Les prochaines années de suivis seront donc révélatrices de l’état réel de la taille de la population (voir Figures 8 et 9).

Cas du Faucon hobereau

Le faucon hobereau décroît durant ces six années mais a des effectifs entre 2005 et 2010 globalement supérieurs à ceux de 2000-2002, ce qui n’est détecté ni par le STOC ni sur le col d’Organbidexka (un site qui reste très modeste cependant pour cette espèce en termes d’effectifs recensés). Nous devons donc rester prudents pour cette espèce, difficile à détecter, et dont l’effectifdénombré par carré est extrêmement sensible au temps de prospection (non pris en compte ici) (voir Figures 10 et 11).

Cas de l'Epervier d'Europe

L’épervier d’Europe est plutôt stable sur la période considérée, mais il convient d’être prudent pour cette espèce là encore difficile à dénombrer.Au niveau européen, comme d’après les données STOC, l’espèce semble stable. Le graphique indique des variations inter-annuelles assez fortes etles prochaines années de suivi nous permettront sans doute d’affiner les conclusions pour cette espèce (voir Figures 12 et 13).

Cas du Milan royal

Le milan royal semble stable entre 2005 et 2010 mais seulement une quarantaine de carrés de l’Observatoire correspondent à des zones à milan royal (aucun en 2005), ce qui diminue fortement les chances de détecter des tendances. L’enquête spécifique de 2008, dont les données n’ont pas été utilisées ici a, quant à elle, montré une diminution inquiétante des effectifs. Notons qu’au vu du graphique, 2008 semble être une année particulièrement mauvaise de la période 2005-2010. Il semble donc que l’enquête spécifique ait été réalisée durant une année peu favorable pour le milan royal. Globalement, les effectifs actuels semblent proches de ceux de 2000-2002. Les prochaines années de suivi vont, encore une fois, être déterminantes pour établir l’état de cette population déjà très fragile (voir Figures 14 et 15).

Tableau de synthèse

Pour chaque espèce, le coefficient moyen indique si la différence aux données de 2000-2002 est globalement positive, négative ou nulle, le coefficient de pente des droites de régression indique si la population a augmenté, diminué ou est restée stable entre 2005 et 2010. La valeur d’un coefficient est significative si la p-valeur est inférieure à 0.05 (signalé par *).

Interprétation

Pour dire avec certitude qu’une espèce voit sa population augmenter ou décliner, il faut montrer que la tendance observée perdure dans le temps. Ceci permet d’être sûr que le phénomène observé n’est pas seulement la cause de variations annuelles dues à des fluctuations des proies ou des conditions climatiques particulières durant plusieurs années. Il est, en effet, normal qu’une population fluctue au cours du temps avec des augmentations et des diminutions pouvant s’étaler sur quelques années mais cela ne signifie pas que sur une plus longue période de temps, la population soit vraiment en déclin ou en augmentation. Comme nous ne disposons, pour le moment, que de six années de suivi pour cette étude, nous ne pouvons donc pas écarter l’hypothèse que les tendances observées soient seulement dues à des variations normales de la taille des populations.

Le pari de l’Observatoire rapaces était osé : détecter des tendances sur les populations de rapaces des espèces communes, à partir d’un échantillon modeste et d’un effort d’observation relativement mesuré. Nos premiers résultats, basés sur six années seulement de suivi, et moins de 100 carrés par an, permettent de détecter des tendances significatives ou des différences significatives d’effectifs à huit ans d’intervalle, pour trois des sept espèces de rapaces présentées ici. C’est plus qu’encourageant ! Cela doit inciter tous les observateurs impliqués depuis 2005 (ils sont des centaines), à poursuivre cet effort national. Nous sommes aujourd’hui le seul pays d’Europe à s’être doté de cet outil pour ces espèces. Bien sûr, au vue des figures réalisées ci-dessus, on remarque qu’il n’est pas toujours évident de dégager des tendances certaines (significatives) pour certaines espèces : l’intervalle de confiance, qui traduit une grande disparité sur l’ensemble du territoire français (certains carrés sont colonisés alors que d’autres délaissés), est souvent large, et doit inciter à la prudence en terme de conclusions. Néanmoins certaines espèces ont une augmentation quasi-constante au cours de ces six années de suivis (cas du milan noir et de la bondrée apivore) alors que d’autres voient plutôt leurs effectifs décliner (cas de la buse variable, du faucon crécerelle et du faucon hobereau). Concernant l’épervier d’Europe, il semblerait que les effectifs nationaux soient stables durant ces six années de suivi avec des fluctuations annuelles fortes.

Le bilan des six premières années de suivi indique donc que ce sont les espèces les plus communes et inféodées aux milieux agricoles qui sont les plus touchées (buse variable et faucon crécerelle). Lesespèces semi-forestières semblent mieux se porter sauf le faucon hobereau qui enregistre vraisemblablement un déclin. Mais attention, les autres suivis ne montrent pas de tendances pour cette espèce. Le déclin observé est peut-être dû à une mauvaise détection des couples de faucon hobereau. Des analyses plus poussées permettront de le dire. Notons néanmoins que les effectifs des espèces semi-forestières restent bas avec très peu de carrés supérieurs à cinq couples / 25 km² (bondrée apivore, faucon hobereau et épervier d’Europe). On ne détecte pas d’augmentation significative de la population de milan noir durant ces six années. Néanmoins, la population française a clairement augmenté en France depuis 2000 - 2002 : + 0.57 couples / 25 km² en moyenne. L’épervier d’Europe, quant à lui, semble stable sur la période considérée et reste omniprésent sur l’ensemble du territoire. Les effectifs observés, un peu supérieurs à ceux de 2000 - 2002, sont peut être le signe d’une meilleure détection.

Conclusion

Ces premiers résultats donnent une idée de la fluctuation des effectifs des rapaces nicheurs de France durant ces six dernières années. Néanmoins, dans certains cas, six années ne sont pas suffisantes pour prouver statistiquement le déclin ou l’augmentation d’une espèce. Ainsi seule la buse variable enregistre un déclin indiscutable et le milan noir une augmentation depuis 2000 - 2002. Le suivi à plus long terme permettra de déceler des tendances certaines pour la plupart des autres espèces, en particulier pour le faucon crécerelle, la bondrée apivore et l’épervier d’Europe. Ainsi, l’ajout des données de 2011 suffira peut-être à démontrer des tendances pour ces espèces. Restons prudents sur le faucon hobereau qui enregistre un déclin significatif mais non détecté par d’autres suivis. Il peut s’agir d’un artefact lié à une mauvaise détection des couples.

Ce suivi annuel montre donc qu’il est possible de suivre les populations de rapaces nichant en France malgré la difficulté que cela représente : espèces pouvant avoir un grand territoire et parfois très discrètes. Rappelons aussi que ces prédateurs supérieurs sont sensibles à la santé de tout l’écosystème et reflètent donc, en partie, l’état général de la biodiversité. Un suivi précis consacré à ces oiseaux est donc nécessaire et pourra avoir un poids important dans les décisions qui seront prises pour la conservation des rapaces nicheurs de France. Même si les bénévoles et les associations naturalistes sont de plus en plus sollicités par de multiples enquêtes, il faut absolument poursuivre la mobilisation pour ce suivi et l’intégrer durablement dans nos calendriers.

Par Kévin Le Rest, Vincent Bretagnolle & David Pinaud (Centre d’Etudes Biologiques de Chizé, CNRS), avec l’aide de Fabienne David (LPO Mission Rapaces).

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